Bonsoir !
Le but de cet article est de vous prévenir que je suis de retour pour partager avec vous mes écrits. Là, je suis un peu frusté car j'aurai bien publié une nouvelle page de mes délires fumeux mais
comme je ne suis pas sur le bon ordinateur et que sur ma clé USB je n'ai pas ces pages, je vais vous faire découvrir : EL DIABLO !
Je vous incite à retrouver plus d'histoires dans mes pages et je vous convie à laisser vos commentaires. Les "Délires fumeux" reparaîttrons demain, promis !!! En attendant :
EL DIABLO Par Claude Vedder
Ce 6 juin 66, le frère Francesco de la Congrégation des Saints
de l’Eglise Dissidente devait réparer l’omission de cantine qu’il avait commise hier, dans la matinée. Congrégation exagérément pieuse, combattant
fermement tout ce qui s’apparentait au Malin, elle avait un besoin viscéral de café afin d’être toujours sur le pied de guerre ; et la journée
d’avant, Frère Francesco avait oublié ce produit vital.
C’est pourquoi aujourd’hui, il avait pris la vielle carriole en bois, tirée
par Noiraud - l’âne emblématique du site - pour se rendre à la ville la plus proche : Paloma, Floride, U.S.A. Arrivé devant le drugstore, il éprouvait déjà un sentiment de mieux-être
vis-à-vis de ses frères car il allait s’amender de sa dette. Comme toujours, la carriole serait remplie de sacs de café ; d’ailleurs, le tenancier des lieux avait toujours des stocks
importants, car il connaisait les besoins de ces religieux. Il réalisait des affaires florissantes avec eux car chaque mois, ils lui laissaient entre 500 et 1 000 $, rien que pour leur
café.
Mais ce jour là, le frère Francesco fit la moue devant les sacs que John lui
présenta. En effet, depuis six mois qu’il était installé à Paloma, il ne savait toujours pas l’aversion compulsive de l’Eglise Dissidente pour tout ce qui était en relation avec l’esprit du mal. Alors imaginez la tête du pauvre religieux lorsqu’il découvrit sur les toiles de jute l’inscription suivante : << EL DIABLO, le café fort qui exprime le feu de Dieu >>. Il était déjà 11 heures et il n’aurait pas le loisir de passer dans un autre drugstore pour espérer obtenir une autre marque. Il lui restait juste le temps de retourner à la congrégation participer au repas
puis prier 4 heures dans l’église centrale contre le démon. Ainsi, devant ce manque de temps et rassuré par la mention << qui exprime le feu de Dieu >>, il se résigna à contre cœur à
régler les 666 $ du montant de la facture : ce prix glaça son sang.
Lorsqu’il rentra, il décida de ranger seul les 13 sacs de 50 kg de café dans
leur remise, afin de ne pas alarmer ses frères en raison de la marque des grains. Au moment où il en sortit, sa robe de bure s’accrocha à une bouteille de rhum qui s’éclata sur le sol devant la
porte ; l’homme pieux ramassa les bouts de verre, mais un de ceux-ci échappa à sa vigilance et resta sur un bout de toile de jute d’un sac de café qui dépassait de dessous la
porte.
Frère Francesco rejoignit alors ses frères dans le réfectoire pour y
manger ; puis tous allèrent dans l’Eglise Mère au centre de l’enceinte de leur congrégation. Il était 15 heures. Le soleil était haut dans le ciel et tapait fort.Tous les frères étaient dans
le recueillement le plus total à combattre le Diable par leurs prières. C’est alors que le sac de café coincé sous la porte s’embrasa sous l’effet loupe du soleil sur le bris de bouteille. Les
Frères entendirent un rire sardonique et glacial ; lorsqu’ils sortirent de leur lieu de culte, ils eurent juste le temps de voir la réserve en flamme. Instantanément les sacs de café
explosèrent et formèrent une immense silhouette noire avec des sabots et des cornes. Puis celle-ci rougit et éclata en autant de grains de café qui s’étaient transformés en braises
incandescentes, s’abattant sur les Frères qui périrent brûlés. Les maisons de bois suivirent et la congrégation des Saints de l’Eglise Dissidente fut
rasée. EL DIABLO avait une fois de plus vaincu.