Pénélope (février 2008)
Il avait enfin trouvé sa Muse. Il marchait dans un parc fleurit, en été, sous un soleil radieux. Et il avait croisé son regard… Un regard ô combien complémentaire au
sien. Il était albinos, elle avait les yeux bleus, tâchetés de jaune. Quand il retira ses lunettes noires pour en avoir le cœur net, les couleurs primaires de leurs pupilles dilatées se
mélangèrent. Des étincelles de lumières éblouirent leurs cerveaux. Mais avant de trouver les clés de l’inspiration, le chemin fut long. Il avait d’abord dû apprivoiser le rouge de ses colères
noires et apaiser les bleus de son âme par sa patience et son amour. Elle s’était alors révélée éclatante de vie, lumineuse d’énergie et une source d’inspiration incommensurable. Il inventa alors
des couleurs jamais exprimées auparavant, déclinant le spectre des chromatiques à l’infini, peignant les plus beaux tableaux jamais imaginés. On disait dorénavant de lui qu’il était le génie des
couleurs. Grâce à sa Muse : Pénélope. Il vivait à présent sa vie à travers le kaléidoscope de ses émotions car elle avait déposé la palette colorée de ses sentiments sur son imagination. Et
il savait que jusqu’à sa mort, quoiqu’il arrive, jamais plus ses toiles ne resteraient blanches.
par Claude VEDDER
publié dans :
Textes en pages internes
0
recommander
Retour à la page d'accueil